Test Corsair Void v2 Wireless : l’autonomie de titan qui pardonne (presque) tout

Un casque qui mise tout sur la liberté — et ça se voit
Vous êtes en pleine session sur Call of Duty, casque sur les oreilles, et là — plus de batterie. Classique. C’est exactement ce point de friction que Corsair a voulu éliminer avec le Void v2 Wireless. Soixante-dix heures d’autonomie annoncées, double connectivité 2,4 GHz et Bluetooth 5.3. Dolby Atmos, compatibilité PC/PS5/Switch/Mobile : sur le papier, le cahier des charges est complet. À 120€, ce casque gaming sans fil vise directement le HyperX Cloud III Wireless et le Razer Barracuda X.
Pour ce test Corsair Void v2 Wireless, je l’ai utilisé deux semaines en conditions réelles : FPS compétitifs (Valorant, Counter-Strike 2), RPG (Baldur’s Gate 3), jeux narratifs, musique et appels quotidiens — sur PC, PS5 et Nintendo Switch. Le verdict est nuancé, mais globalement favorable.
Corsair Void v2 Wireless — Casque Gaming Sans Fil Dolby Atmos 70h Multiplateforme
- Pilotes Néodyme 50 mm
- Réponse en fréquence 20 Hz - 20 000 Hz
- Impédance 32 Ohms
Design et ergonomie : assumé gaming, pas pour tout le monde
Le Void v2 Wireless ne cherche pas à se faire passer pour autre chose. Oreillettes anguleuses, double bande RGB sur chaque côté, logo Corsair
en relief : c’est clairement un casque gaming, et ça se voit à trois mètres. Si vous
cherchez quelque chose de discret pour le bureau ou les transports, passez votre chemin.
La construction est entièrement en plastique, mais pas de la mauvaise sorte — l’arceau intègre une structure métallique interne qui rassure sur la durabilité. Les coussinets en tissu microfibre sont amovibles et remplaçables, détail appréciable pour la longévité. Sur la tête, les 303g se font oublier pendant les deux premières heures. Au-delà, le serrage modéré de l’arceau devient perceptible, surtout avec des lunettes. Pas insupportable, mais à noter si vous faites des sessions marathon de 5h+.
Les commandes sont bien pensées : molette de volume sur l’oreillette gauche, bouton d’alimentation avec bascule rapide entre les deux connexions, micro flip-to-mute. Tout se fait sans regarder, ce qui compte vraiment en pleine partie. Comparé au HyperX Cloud III Wireless (330g, similicuir), le Void v2 gagne en respirabilité grâce au tissu, même si ce dernier attire la poussière plus vite.
Performances audio : une signature en V bien assumée — avec ses limites
La signature sonore du Void v2 est claire dès la première utilisation : basses dominantes et aigus mis en avant, les médiums restent plus en retrait. C’est une courbe en V typique du gaming, pensée pour l’immersion plutôt que la fidélité. Sur Valorant et CS2, la spatialisation est efficace — les pas d’ennemis se localisent sans ambiguïté, les tirs ont de la présence. Rien d’exceptionnel, mais ça fait le travail attendu à ce prix.
Là où ça se complique, c’est sur console sans accès à iCUE. Le profil sonore par défaut est un peu trop chargé dans les médiums, ce qui rend certains échanges de tirs flous et manquant de clarté sur PS5. En activant le preset FPS Competition depuis iCUE sur PC, la différence est immédiate — plus d’ouverture, meilleure séparation des sources. Le problème : les joueurs console n’y ont pas accès. C’est un défaut structurel du produit.
Le Dolby Atmos est inclus via licence — gadget ou vrai plus ? Sur des jeux narratifs comme Baldur’s Gate 3, la spatialisation tridimensionnelle apporte une vraie profondeur, avec une dimension verticale crédible. Sur PS5, le Tempest 3D Audio de Sony prend le relais avec un résultat similaire. En revanche, activer Dolby Atmos nécessite d’ouvrir une deuxième application en parallèle d’iCUE — c’est lourd et peu intuitif.
Pour la musique, les basses trop présentes par défaut peuvent déséquilibrer certains genres. L’égaliseur 10 bandes d’iCUE corrige ça facilement sur PC, mais encore une fois, c’est un passage obligé pour en tirer le meilleur.
Autonomie : la vraie force du Void v2
C’est ici que Corsair écrase la concurrence. En usage réel — connexion 2,4 GHz, RGB activé, sessions mixtes gaming et musique — le casque a tenu une semaine complète avant de demander sa première recharge. La batterie mesurée avoisine les 68 heures en conditions normales, très proche des 70h annoncées. Le HyperX Cloud III Wireless plafonne à 120h certes sur des conditions optimales, mais en usage gaming classique il tourne autour de 35-40h. Le Void v2 le dépasse confortablement dans ce scénario.
La recharge rapide (6h d’autonomie en 15 minutes) fonctionne exactement comme promis — pratique pour les étourdis qui oublient de brancher la veille.
Microphone : honorable, pas spectaculaire
La perche micro omnidirectionnelle est fine, flexible et se positionne précisément où on le souhaite. Le flip-to-mute est quasi instantané avec un retour sonore vocal confirmant l’état — « microphone off / microphone on ». En communication équipe sur Discord et sur les parties PS5, la voix passe clairement, les bruits de fond sont filtrés de manière acceptable.
Sur PC avec NVIDIA Broadcast intégré à iCUE (nécessite une carte graphique RTX), la réduction de bruit devient vraiment efficace. Sans ça, le filtrage de base fait le travail pour du gaming casual, mais ne conviendra pas au streaming sérieux. Le micro n’est pas détachable — inconvénient pour une utilisation nomade en mode Bluetooth.
Points forts
- Autonomie hors norme : 68-70h mesurées en usage réel, recharge rapide efficace — on oublie vraiment la contrainte du sans-fil.
- Double connectivité fluide : basculement 2,4 GHz / Bluetooth 5.3 en une pression, idéal pour jongler entre PC et smartphone en plein jeu.
- Confort sur longue durée : coussinets tissu respirants, serrage mesuré, nettement supérieur au similicuir sur 3h+.
- Multiplateforme sans friction : PC, PS5, Switch, mobile — un seul casque pour tout l’écosystème, ça simplifie vraiment la vie.
- Dolby Atmos inclus : réelle valeur ajoutée en jeu solo et sur les titres compatibles, même si l’activation reste maladroite.
Points faibles
- Son moyen sur console sans iCUE : le profil par défaut est trop chargé dans les médiums, les joueurs PS5/Switch ne peuvent pas corriger ça sans passer par un PC.
- iCUE indispensable mais pesant : sans le logiciel, on passe à côté de 40% des capacités du casque. Et gérer deux apps (iCUE + Dolby) en parallèle, c’est maladroit.
- Micro non détachable : la perche se lève pour se muter, mais elle reste visible — gênant pour une utilisation discrète en Bluetooth.
- Design clivant : les oreillettes anguleuses et le RGB ne conviendront pas à ceux qui cherchent un casque polyvalent bureau/gaming.
Pour qui est ce casque gaming sans fil ?
Le Corsair Void v2 Wireless est fait pour le gamer multiplateforme qui veut un casque unique pour PC, PS5 et Switch, et qui ne veut plus se soucier de la batterie. C’est aussi un excellent choix pour ceux qui jouent déjà avec des périphériques Corsair — l’écosystème iCUE devient alors un vrai atout.
En revanche, si vous jouez exclusivement sur console, le manque d’accès à l’égaliseur est un vrai handicap à ce prix. Le Razer Barracuda X (environ 100€) est alors une alternative plus simple à considérer. Si l’audio compétitif FPS est votre priorité absolue, le HyperX Cloud III Wireless reste une référence plus précise en sortie de boîte.
Conclusion et verdict : 8/10
Le Corsair Void v2 Wireless réussit son pari sur l’essentiel : une autonomie record, une polyvalence multiplateforme réelle et un confort qui tient la distance. C’est un casque solide à 120€, qui ne déçoit pas là où on l’attend le plus.
Mais il impose des compromis clairs : son plein potentiel sonore est conditionné à l’utilisation d’iCUE sur PC, et les joueurs console devront faire avec un profil audio moins raffiné. Recommandé pour les gamers PC multisupports, avec réserve pour les puristes console ou les compétiteurs FPS exigeants.




